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| ~ LE PETERBALD
: LE CHOC ABSOLU ~ |
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Texte de Mme Catherine Bastide
Lorsque je suis allée juger à Moscou lors d'une exposition
Tica en juin 2005, le Peterbald ne m'était pas totalement inconnu.
J'avais vu quelques photos et j'avais travaillé, entre autre
avec Aline Noël, sur la rédaction du standard actuel du
LOOF. L'idée, cependant, d'un siamois ou d'un oriental nu était
loin de me séduire. Jusqu'au moment où l'on a amené
sur ma table une femelle chocolat tortie, Mercuryhold Yana, et son
fils, un jeune red point, Volshebny Zwer Rurik. J'avais sous les yeux
des chats au type très proche des meilleurs Siamois et Orientaux
contemporains mais recouverts d'une fourrure si courte et si douce
au toucher qu'on aurait dit du velours ras. Le choc absolu. |
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Svetlana Gilenko (élevage Volshebny Zwer) ne parlant
pratiquement pas l'Anglais, je me retournais vers Alexei Shchukin,
juge Tica russe et ami de Svetlana qui officiait avec moi
ce jour là: le Peterbald, c'était donc ça
? Ces chats musclés, puissants, élégants
avec cette fourrure là ?
La confirmation d'Alexei fut le deuxième choc et,
je l'avoue, dès cet instant, je n'ai pensé qu'au
moment où un Peterbald rejoindrait la maison.
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Divergences
Dès le lendemain, je commençais mes recherche sur
la race. D'où venait-elle ? Quel était le standard
des éleveurs russes ? Quel était le type de fourrure
idéal ? Le type oriental était-il vraiment celui recherché
?
La première surprise est venue des Etats-Unis avec mon inscription
à la liste du club de race Tica dirigé par Nancy Parkinson
(Juge, éleveuse de siamois et orientaux affixe Pazzz et Vice
–président de la Tica depuis le mois de janvier). A mon grand
étonnement, le Peterbald avait déjà franchi
beaucoup des étapes qui doivent le mener en championnat en
mai prochain. Mais les éleveurs américains, dont beaucoup
sont des éleveurs de Sphynx, avaient dans la tête un
chat assez différent de l'idéal russe, intermédiaire
entre le type oriental et l'ancêtre Don Sphynx. Autre différence
de taille, la fourrure brush, sorte de poil dur plus ou moins épars,
utile pour l'élevage mais interdite en expo par les Russe,
semblait ici trouver beaucoup d'amateurs. Il s'en est suivit moult
discussions dans lesquelles, avec quelques Russes et quelques autres
Européens, j'essayais d'apporter, non mon expérience,
mais au moins mon témoignage de ce que je voyais en Russie
: le Peterbald est un chat résolument oriental, les Russes
n'autorisant d'ailleurs pour seul mariage que le Siamois et l'Oriental,
ayant interdit l'hybridation d'origine avec le Don Shynx, nu ou
couvert d'une très courte fourrure.
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Une race orientale
Delà sont apparues de vraies différences entre ce
que souhaitent les uns et les autres, même si je reste convaincue
que l'importation de bons Peterbald devrait aplanir les divergences
de points de vue. Le Peterbald est somme toute une race très
récente. Les pedigrees des Peterbalds russes ne montrent
que des mariages Peterbald x Peterbald, Peterbald x Siamois, Peterbald
x Oriental, tous les chatons issus de ces unions rejoignant, bien
sûr, le livre Peterbald, y compris les chatons à poil
normal qu'on ne distinguera bientôt plus des Siamois d'origine...
Ce qui me fait dire que cette race doit aller dans les mains des
éleveurs de Siamois et d'Orientaux bien plus que dans celle
des éleveurs de Sphynx (canadiens), même si on peut
naturellement aimer et élever les deux. La courte expérience
de l'expansion de la race en Europe de l'Ouest montre d'ailleurs
un véritable engouement des éleveurs de Siamois et
d'Orientaux pour lesquels la fourrure ultra courte du Peterbald
est un moyen de mettre en valeur la morphologie et le type de leurs
meilleurs chats. Pas de poils superflus qui masquent l'élégance
d'une encolure ou épaississent une queue. A mon grand étonnement,
moi qui me suis tant heurtée aux puristes lors des reconnaissances
des Orientaux et des Siamois bicolores, je ne ressens pas cette
hostilité que j'ai dû si souvent affronter. Le statut
de race différente du Peterbald rassure. Ils y a ceux qui
adorent et les autres qui ne se sentent pas concernés. C'est
bien comme ça.
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Tout reste à faire
Bien que séduite par le Peterbald, je reste persuadée
que tout est encore à faire. Les éleveurs russes, qui
m'impressionnent par leur sérieux et la qualité de leurs
chats, - quelques soient les races !!!-, ont initié un travail
formidable, obtenant aujourd'hui des sujets d'un type remarquable
à partir de chats sans origine connue à 6 ou 7 générations.
Mais créer une race est une chose. La stabiliser en est une
autre. La question de l'héritabilité de la texture et
les grandes variations observées entre les chats totalement
nus, au poil ultra ras ou plus ou moins recouverts de poil dur reste
en suspens. Il en est de même de l'incertaine prédictibilité
du type de fourrure à l'âge adulte, les nus complets
exceptés. La logique voudrait que ces derniers soient homozygotes.
Mais des sources indiquent le contraire.
La plus mince affaire ne sera pas de protéger cette race, facile
à élever mais difficile à bien élever,
de la spéculation. Je crains que beaucoup s'imaginent obtenir
rapidement des Peterbalds en les mariant simplement à des Siamois
pour les vendre un bon prix, surfant sur la vague de la nouveauté
(tout ce qui est rare est cher). Cette erreur pourrait être
fatale au bon développement de la race. La majorité
des Peterbalds sont des chats de travail et non des chats aboutis.
Une augmentation déraisonnable des prix pourrait empêcher
de bons éleveurs de travailler sereinement en s'échangeant
leurs chats et amenuiserait la base génétique sous prétexte
de protectionnisme. De même, la recherche du « tout nu
», alors que le standard autorise les poils très courts
appelés flock ou velours particulièrement appréciés
par les éleveurs de Siamois et d'Orientaux, pourrait conduire
à la même dérive qui a éloigné le
Sphynx canadien du type original sacrifié à la nudité. |
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Le peterbald dans le monde
Aujourd'hui, le Peterbald est reconnu par les associations félines
russes, le WCF et la majorité des associations indépendantes
européennes. Un dossier de reconnaissance a été
déposé à la FIFé. La race est reconnue
par la Tica depuis 1997 et va passer en Championnat en mai 2006.
En France, elle est en Nouvelles Races et Couleurs jusqu'en 2007.
Le standard Loof va être prochainement mis à jour pour
suivre de plus près le standard russe et le Siamois et l'Oriental
seront ajoutés à la liste des mariages autorisés.
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